Une ancienne parabole raconte l’histoire d’un groupe d’aveugles tentant de décrire la nature d’un éléphant.
Le premier, touchant la trompe de l’animal, affirma que l’éléphant ressemblait à un serpent. Le deuxième, qui étreignit sa patte, dit que c’était un arbre. Le troisième, rencontrant son flanc, y vit un immense mur. Le quatrième, manipulant l’oreille, déclara: «c’est un éventail». Le cinquième, qui saisit la queue, était persuadé qu’il s’agissait d’une corde.
Chacun était convaincu par son expérience et ne comprenait pas pourquoi les autres n’arrivaient pas à la même conclusion. Ils tombèrent alors en désaccord, s’accusèrent de tout, et le chaos s’ensuivit.
Cette petite histoire a traversé diverses traditions — bouddhisme, jaïnisme, hindouisme, soufisme — et, depuis des siècles, elle illustre les limites auxquelles nous sommes confrontés dans nos tentatives sincères de saisir le monde qui nous entoure.
Notre point de départ est la conviction que, depuis des millénaires, les cultures du monde ont développé des visions de la réalité et que chacune a excellé à en dévoiler une partie.
La méthode la plus éclairante pour aborder un sujet consiste à réconcilier — ou du moins rapprocher — ces fragments. Nous avons le privilège de vivre à une époque où les cultures ne sont plus des livres fermés ; à nous de les faire vibrer dans toute leur profondeur.
Notre volonté est aussi de mettre en lumière ces quelques champs de savoir qui demeurent relativement absents de l’espace public et réservés à des communautés restreintes.





